Une page, une feuille, une fenêtre Word… toute blanche. Immaculée parfois, ou dans l’incapacité d’être achevée. Ça, c’est ce que beaucoup nomment le syndrome de la page blanche. Malgré son nom et la lumière intarissable à laquelle il renvoie, c’est pourtant une ombre ancrée au tableau. D’ailleurs, le syndrome de la page blanche ne s’applique pas qu’aux écrivains…
La page blanche : késako ?
Le syndrome de la page blanche, aussi connu sous le nom de leucosélidophobie peut s’avérer être un véritable mouton noir dans l’art – tous les arts confondus. Désignant cette incapacité bien précise à poursuivre ou débuter une œuvre, elle peut s’avérer féroce et endurante. Alors comment en venir à bout ? Comment lutter contre cette page blanche qui devient, à mesure du temps, omniprésente ?
Un lien étroit avec l’inspiration
Souvent, le syndrome de la page blanche traduit en réalité une baisse ou une perte d’inspiration. Mais, aux dernières nouvelles, il est relativement improbable de pouvoir connaître le frisson de l’inspiration en continu, non ? Alors comment faisaient ces peintres qui ne s’arrêtaient jamais de peindre ? Comment font ces écrivains qui publient un roman tous les ans ?
Ce que beaucoup d’artistes ont en commun, c’est l’inspiration. Furtive, puissante mais surtout imprévisible, elle fait un peu ce qu’elle veut. Et l’inspiration a tendance à parfois déserter le champ de bataille !
Alors nous restons seul.e.s, frustré.e.s, et indubitablement impuissant.e.s. Après tout, un soldat sans armes ne peut pas vaincre l’ennemi… ou peut-être que si ?
Lutter contre la page blanche…
Il faut alors s’adapter – de toute façon, la redoutable page blanche ne nous laisse pas le choix. Et l’adaptation peut se faufiler à travers différentes méthodes.
Modifier le support :
« Truc » psychologique ou véritable méthode infaillible ? Honnêtement, je n’ai jamais essayé. Mais après quelques recherches, il semblerait que cette méthode puisse fonctionner pour certaines personnes – haut les cœurs ! Ainsi, les écrivains choisissent une feuille de couleur, les peintres s’essaient à de nouveaux supports, explorent de nouvelles voies artistiques…etc.
Méditer :
La méditation permet de plus en plus de se recentrer sur son « soi » profond, tout autant que de rassembler ses pensées ou d’en faire le vide. Autrement dit, lorsque le syndrome de la page blanche vous saisit à l’improviste, méditer peut permettre d’ouvrir de nouvelles voies de réflexion. À leur tour, celles-ci dessinent de nouveaux sentiers sur lesquels l’inspiration pourra se présenter.
Renouer avec son art :
Jusqu’où est-il possible de forcer les choses ? Certaines personnes prennent le risque d’écrire malgré ce syndrome maudit. Plus encore, elles le font en sachant qu’elles ne seront pas satisfaites du travail produit. Et peut-être que c’est ce qu’il faut ? Renouer avec son art, sans prendre en compte les contraintes qui peuvent parfois estomper le plaisir de la pratique.
Éviter les distractions… :
Beaucoup de personnes décident d’éliminer les distractions afin de poser toute leur concentration à une seule et unique tâche. Couper les écrans, éviter les bruits, se recentrer sur soi et sur le retour de la passion. Là encore, cela peut fonctionner pour certaines personnes. Mais si les idées tombaient du ciel, on le saurait, non ?
… Ou multiplier la stimulation :
Pour d’autres, les idées peuvent surgir à la suite d’une stimulation -physique ou mentale. Aller courir, se promener, nager trois heures… lire, se tester, (enfin) finir ce Rubik’s Cube qui traîne sur un coin du bureau… La stimulation physique libère des endorphines et permet de reprendre un nouveau souffle tandis que la stimulation mentale permet au cerveau de se reposer ou de stimuler d’autres zones. Le rouage s’enclenche et c’est une farandole d’idées nouvelles qui peut alors jaillir où on ne l’attendait pas.
… Ou bien l’accepter
Toutefois, la page blanche peut également être un bon moyen de se challenger. Là encore, cela peut ne pas fonctionner pour tout le monde. Mais si au lieu de lutter farouchement contre cette page vierge, il suffisait de l’apprivoiser ? De ne plus la craindre, l’appréhender ni même la redouter ?
Accepter qu’elle fasse partie du processus de création en fera alors une alliée, et plus seulement une ennemie. C’est un travail qu’il est intéressant de faire, car dès lors qu’on l’accepte au lieu de la rejeter sans foi ni loi, elle a tendance à devenir… plus intéressante. Moins fade, moins livide, et définitivement plus colorée !
S’il n’y a toujours pas de solution miraculeuse au syndrome de la page blanche, il existe néanmoins de nombreuses – très nombreuses – pistes de réflexion. Personnellement, j’ai souvent été bloquée pour écrire par le passé. Mais au fur et à mesure, même sans grande bouffée d’inspiration, cette page blanche se fait plus rare.
(Peut-être que le fait de n’avoir jamais craint ce mouton noir m’a aidée… !)
La page blanche n’est finalement que ce que l’on décide de faire d’elle ; une ennemie immaculée… ou une alliée farouchement colorée !

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