Un mauvais pressentiment. Ma grand-mère répétait qu’un mauvais pressentiment, c’est un charmant serpent qui finira par planter ses crocs empoisonnés dans ton cœur. Aussi, j’ai toujours pris le soin de ne pas écouter les messages venimeux de mon inconscient – et je ne m’approche jamais trop des squamates et autres sang-froids.
Ce mauvais pressentiment, pourtant, ne me quitte pas. Il va arriver quelque chose de terrible…
Le prologue empoisonné
Ce mauvais pressentiment, il a un rapport bien précis à l’écriture. Et pour cause, elle en est la source. Je ne compte plus le nombre de fois où un livre semblait prometteur alors que dès les premiers chapitres… la déception pointait sa langue fourchue.
En tant que lectrice boulimique, je me retrouve devant un choix crucial : continuer la lecture avec l’espoir naïf que l’écriture mue et me captive ? Ou au contraire, laisser de côté un livre qui paraissait initialement passionnant ?
Quelle que soit la décision prise, il est trop tard : le poison de la désillusion coule déjà dans les veines du lecteur et progresse directement vers son cœur.
Alors comment faire, en tant qu’écrivain, pour éviter d’empoisonner son propre écrit ?
Il va arriver quelque chose de terrible…
La mue
Il est difficile d’éveiller l’intérêt du lecteur dès les premiers mots d’un livre. Selon le genre que l’on aime écrire, il y a tant de choses à faire auparavant : planter le décor, revêtir les jolies écailles de l’intrigue, présenter le ou les personnage(s)…etc. Alors comment captiver son lecteur dès les premiers mots ?
Votre imagination est la seule limite. Tout est possible. Les mots sont des cobras et en tant qu’écrivain, c’est à vous de les faire danser harmonieusement. Voici quelques conseils qu’il est possible d’appliquer :
De l’originalité : la rédaction créative permet une absence de limites de l’imagination. Chaque mot doit porter en lui une image, un objectif, un trait distinctif… et pourra ainsi captiver le lecteur dès les premières lignes.
Une introduction marquante : dès la première phrase, vos mots doivent marquer le lecteur. L’intriguer, le passionner, le rendre curieux, le dégoûter (c.f. « En finir avec Eddy Bellegueule », d’Edouard Louis, dont la description précise d’un glaire me marque encore quinze ans plus tard)… etc. Votre écriture incarne votre mélodie et ils peuvent rester à l’esprit pour longtemps.
Des personnages vivants : pour que vos mots dansent harmonieusement, songez à ce que vous, vous aimeriez lire. Une description de trois pages à propos de l’immeuble dans lequel votre héroïne vit ? Je ne recommande jamais. J’y préfère les prologues vifs, incisifs, vivants. Ceux qui sèment des indices sur la suite, qui permettent d’entrer au cœur de l’action et font regretter au lecteur d’avoir manqué le début… qui viendra après.
Insérez du mouvement : jouez sur la longueur des phrases comme on joue sur les notes blanches ou crochues. Variez le rythme, introduisez une tension ou une détente, créez un mouvement fluide qui rendra le lecteur incapable de voir les pages défiler.
N’abusez pas du cliffhanger : une fin de chapitre abrupte, mystérieuse et en tension est appréciée… de temps en temps. En abuser frustrera le lecteur plus que de raison et risque de le désintéresser si toute la mélodie des chapitres se joue sur une fausse note. Le cliffhanger c’est bien, quand on maîtrise tout le reste et que le contexte s’y prête.
Vous avez désormais de quoi faire muer votre manuscrit pour qu’il puisse captiver le lecteur dès les premiers mots. Et tous les moyens sont bons.
Plus rien de terrible, alors ?
L’amorce sûre
L’amorce sûre est une morsure. Votre victime est le lecteur. Dès les premiers mots, captivez-le, retenez-le, donnez-lui cette envie irrépressible de tourner la page, contre toute raison. Vos premiers mots servent à cela : impliquer le lecteur.
Finalement, peu importe le genre que vous écrivez, la présence d’un prologue ou non ; ce qui importe, c’est la musique que vous jouerez pour que vos mots s’alignent de la meilleure façon possible : la vôtre.
Mille-et-une terreurs…
L’antidote
Faites de votre écriture la morsure la plus dangereuse et l’antidote à celle-ci. Embarquez votre lecteur, passionnez-le pour votre histoire unique et donnez-lui ensuite cet antidote tout au long de votre roman. Goutte-à-goutte.
Chaque information contenue dans le début de votre livre doit trouver sa réponse durant la lecture de celui-ci. Rendre accro votre lecteur est risqué, et vous devez vous montrer à la hauteur de ses attentes. Le cas échéant, il se désintéressera de vos mots, et personne ne le souhaite.
Si vous lisez cela, c’est que mes mots ont sonné justes à votre esprit. Pourtant, ma chère grand-mère n’a jamais dit une phrase pareille. Et j’adore les tortues. Mais j’ai créé cette histoire pour vous impliquer dans ce terrible pressentiment qui, il est vrai, m’emporte parfois quand j’attends beaucoup d’un livre. Et tout au long de cet article, j’ai disséminé les indices de cette vérité – les avez-vous vus ?
Il est arrivé quelque chose de terrible…ment bien orchestré.
Si vous avez des difficultés à trouver votre mélodie, à écrire les premières lignes de votre manuscrit ou que vous manquez de temps, il y a une offre chez Atramentopia qui existe. La Plume de Pique vous accompagne et est adaptable selon vos besoins.
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