L’écriture est une maîtresse exigeante. Elle réclame du temps, de la sincérité, de la réflexion et une dévotion toute particulière à la fois unique et universelle puisqu’elle concerne tout artiste et son ouvrage.
Depuis 2019, je lis des manuscrits. Beaucoup de manuscrits. D’abord comme bêta-lectrice professionnelle, puis correctrice éditoriale et depuis peu, au sein d’un comité de lecture. Autrement dit, j’ai passé plusieurs années à m’immerger dans des textes encore fragiles, en devenir, parfois déjà très solides… et parfois pas tout à fait prêts.
La plupart des textes que je reçois et sur lesquels je travaille avec Atra sont accompagnés de la même chose : un doute immense.
Les auteur·es qui me confient leur texte le font rarement avec assurance. La phrase que j’entends le plus souvent est celle-ci :
« Je ne suis pas sûr-e que… »
Avec le temps, j’ai appris une vérité aussi rassurante qu’évidente : la personne la plus critique envers un manuscrit est toujours son auteur-e.
Quand une voix narrative se perd en cours de page
Je pense à un roman particulièrement ambitieux qu’O. [cliente qui souhaite rester anonyme] m’a confié il y a quelques années.
Le dispositif narratif du manuscrit était intéressant : une narration omnisciente et assumée, capable de naviguer entre les personnages et les points de tension du récit. Ce type de point de vue peut être très puissant lorsqu’il est maîtrisé, notamment pour installer une intrigue dense et un suspense progressif.
Au début du manuscrit, cela fonctionnait très bien.
Puis il y a eu un point de bascule, dans la première moitié du manuscrit. Plus qu’un essoufflement, il s’agissait d’une prise de distance qui allait crescendo. Mais si l’auteure elle-même n’était plus impliquée dans son manuscrit, comment nous, lecteur-ices, pouvions l’être ?
Sous les mots, l’humain-e
Au fil des pages, une cachette est apparue : celle de l’auteure.
O. se dissimulait pour une raison qu’elle seule connaissait mais cela se ressentait dans son écrit. La voix omnisciente qui faisait le charme du début est devenue plus distante. La narration s’est rapprochée d’une focalisation externe, jusqu’à devenir quasiment neutre. Le texte continuait d’avancer, l’intrigue se déroulait mais la voix de l’auteure était lointaine…
Recroquevillée dans une vilaine cachette que l’on construit avec des doutes et des peurs.
C’est une situation plus fréquente qu’on ne l’imagine. Lorsqu’on écrit un roman long, on peut perdre peu à peu le rôle ou la place de narrateur ou narratrice dans son texte. Écrire demande de l’endurance et de la confiance – en soi comme en ses mots. Il faut pactiser avec son ego aussi bien qu’avec son imagination et la vie qui s’écoule en parallèle, porteuse de ses grâces et disgrâces, nous ôte parfois l’énergie qu’on aimerait investir dans ce projet d’écriture.
Le travail d’analyse de manuscrit sur mesure
Comme pour chaque accompagnement, mon travail commence par une première lecture complète du manuscrit, suivie de l’envoi d’une liste de questions éditoriales à l’auteur-e.
Ce questionnaire constitue une étape essentielle du processus. Il me permet de mieux cerner les intentions narratives, les ambitions du projet, mais aussi les messages que l’auteur-e souhaite transmettre à travers son texte. Comprendre ce qui a motivé l’écriture d’un manuscrit — l’élan initial, les thèmes que l’on veut porter, l’expérience que l’on souhaite offrir aux lecteur-rices… — est indispensable pour proposer un retour pertinent et respectueux de la voix de l’auteur-e.
À partir de ces échanges, j’ai pu identifier — avec toute l’humilité et l’attention que ce travail demande — ce qui freinait O. dans son rapport à son propre texte. Au fil du temps et des réécritures, un syndrome de l’imposteur s’était installé, accompagné de doutes de plus en plus présents. Et c’est une réalité fréquente : écrire un livre demande de l’endurance, d’un point de vue créatif autant qu’émotionnel.
Dans mon analyse approfondie du manuscrit, je me suis donc appuyée sur deux axes principaux, en complément de l’étude globale du manuscrit (forme, fonds, arcs, style, déroulement…) et des procédés narratifs.
- Le premier concernait la place d’O. vis-à-vis de son manuscrit, et par extension la position narrative de sa narratrice. L’enjeu était d’observer comment la voix narrative se déployait au fil du récit : sa cohérence, son point d’ancrage, son évolution et son point de chute. Mon objectif était de l’aider à stabiliser cette voix d’autrice, à en préserver la singularité tout en assurant une continuité dans la narration. Autrement dit, travailler la relation entre l’autrice, la narratrice et le manuscrit afin que la voix qui porte l’histoire demeure claire, assumée et fidèle à l’intention initiale.
- Le second axe portait sur les forces d’écriture qu’elle possédait déjà, mais qu’elle ne percevait plus forcément après de longs mois de travail sur son texte. Car à mes yeux, l’analyse d’un manuscrit sert aussi à mettre en lumière les procédés narratifs qui fonctionnent, les intuitions stylistiques justes, les passages où la voix de l’auteur-e s’exprime avec le plus de puissance.
Dans le cas d’O., il s’agissait donc aussi de rendre visibles ces qualités d’écriture, afin de lui permettre de reprendre pleinement sa place d’auteure dans son projet. Pour cause, il ne peut en être autrement.
Lorsqu’une histoire s’impose à nous et exige d’être écrite au point que sa sirène devient impossible à ignorer, alors on lui doit de le faire avec tout ce qu’on possède : la dévotion de tout artiste à son ouvrage.
Mon rôle est de vous apporter de nouveaux outils, de renforcer vos repères et de souligner la confiance dont chaque auteur-e fait preuve en se lançant dans cette aventure qu’est l’écriture.
Les analyses de manuscrit comme soutien aux auteur-es
Avant tout, les analyses de manuscrits que je propose se veulent être de véritables soutiens aux auteur-es. Parce que je sais combien écrire est un acte intime, une prise de positon courageuse et une aventure unique pour chacun des écrits que l’on construit ; l’offre Luxen s’adapte à chaque projet.
Une analyse détaillée et applicable rapidement ou bien un diagnostique complet du manuscrit, Luxen vous aide sur trois axes distincts :
- Elle révèle vos forces d’auteur-e ;
- Elle analyse tous les aspects de votre manuscrit ;
- Elle vous offre des outils narratifs à utiliser à l’infini (pour ce manuscrit et les prochains) !
Si vous souhaitez des informations supplémentaires ou un devis adapté à votre projet, contactez-moi !

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