Que vous soyez écrivain aguerri, pour le plaisir ou occasionnel, il est un obstacle que chaque personne qui écrit rencontre. Comment transmettre les émotions à son lecteur ? Aligner des mots de choix ne suffit pas toujours. Livrer une émotion à son lecteur, quelle qu’elle soit, c’est le meilleur moyen pour que la lecture marque le lecteur. Alors comment procéder ? Voici 5 conseils pour transmettre des émotions à l’écrit !
Pourquoi transmettre des émotions à l’écrit ?
Transmettre des émotions à son lecteur présente de nombreux avantages. Parmi eux :
- Donner de l’impact à son message ;
- Marquer le lecteur ;
- Créer un lien entre l’écrivain et le lecteur/ le personnage et le lecteur ;
- Livrer une crédibilité supplémentaire à l’histoire ;
- Humaniser le propos pour qu’il touche plus de personnes ;
- Faire voyager le lecteur… etc.
Il y a, en somme, bien des raisons qui poussent un écrivain à saupoudrer son écrit d’émotions. Et si vous en voyez d’autres, n’hésitez pas à les partager en commentaires !
Comment transmettre des émotions dans son écrit ?
Les émotions sont le socle des êtres humains, et si en face à face, les émotions sont déchiffrables par de nombreux indices (expressions, ton employé, mimiques…etc.), à l’écrit, les distinguer peut s’avérer une tâche complexe. Autant pour le lecteur que pour l’écrivain, l’intégration des émotions au corps de texte est un sujet… sensible – sans mauvais jeu de mot.
Voici cinq conseils qui permettront à tout écrivain de distiller quelques émotions dans son écrit !
1. Utiliser des figures de style
La langue française est riche, complexe et vaste. Si le choix des mots importe, il y a également une volonté d’écrivain qui se cache derrière eux. Et quel que soit le message partagé dans un écrit, la portée de celui-ci dépendra grandement des émotions qui y sont associées. Pour cela, les figures de style permettent de livrer des émotions au lecteur.
Exemples :
La peur de mourir était toujours là.
Le picotement familier et effrayant de la mort le narguait une fois de plus.
« Tu ne devrais pas manger autant de pommes…
-Je sais que je te manquerai, alors je prends soin de ne pas avaler les pépins. »
Les deux exemples mettent respectivement en avant les figures de style de la métaphore et de de l’ironie. Dans le premier cas, on se projette davantage cette peur à travers les sensations évoquées. Dans le second cas, l’ironie permet d’en apprendre davantage sur les personnages ; le premier semble soucieux, le deuxième, plus odieux.
2. Développer son empathie
Pour transmettre des émotions à l’écrit, il est essentiel d’avoir des émotions. Ça peut sembler basique, mais comme dans tous les domaines, il est préférable de parler de ce que l’on connaît. Plus encore que de ressentir au quotidien, développer son empathie est essentiel pour pouvoir communiquer ensuite sur les émotions.
En développant votre empathie, vous ouvrez votre esprit à d’autres façons de ressentir. C’est alors une clé sur de nouvelles façons de voir les choses. Parce qu’après tout, si les écrivains livrent toujours un peu d’eux-mêmes dans leurs écrits, tous les personnages ne peuvent pas ressentir les choses de la même manière.
Développer votre empathie permettra :
- De transmettre des émotions crédibles pour le lecteur ;
- D’en toucher certains, d’en émouvoir d’autres ;
- D’inspirer également d’autres personnes dans l’écriture ;
- De travailler votre écriture et votre histoire en profondeur.
Exemple :
Les océans l’effrayaient depuis toute petite ; leur immensité était insondable.
Les océans la fascinaient depuis toujours ; ainsi que tous les mystères qui pouvaient s’y cacher.
Ici, l’empathie permet à l’auteur/ l’écrivain d’envisager différents points de vue. Son esprit est plus ouvert et son personnage en sera d’autant plus précis et cohérent, y compris si ses réactions ne correspondent pas à la nature de l’écrivain !
3. Mesurer les détails écrits
Ce n’est pas un secret, le diable s’y cache. Les détails sont tout aussi importants que les lignes directrices de votre écrit (article, roman, texte…). Plus qu’importants, les détails apportent également leur petite pierre dans l’édifice magistral de l’écriture des émotions. En effet, les détails permettront de :
- Nuancer le propos ;
- Préciser le message ;
- Créer des effets autour du message pour lui donner une force supplémentaire ;
- Introduire des émotions ;
- Nuancer des émotions/ personnages/ intrigues.
Autrement dit, ne négligez pas les détails ! Il y en a besoin pour que votre lecteur puisse progresser jusqu’au cœur de votre écrit – et en saisir toutes les subtilités.
Exemple :
En ouvrant la porte, l’inspecteur Canari pénétra dans la chambre.
C’est dans un grincement réfractaire que la porte s’ouvrit, laissant l’inspecteur Canari ébaubi devant une chambre entièrement décorée de vieux papier jaune ; effet du temps ou choix discutable ?
Ici, les détails apportent à la fois du contenu descriptif et également informatif quant au personnage. Attention toutefois à ne pas abuser des détails ! Certains ne sont pas pertinents ni utiles et le plus difficile reste encore de savoir les repérer. C’est d’autant plus essentiel dans la rédaction de récits de vie et de mémoires !
4. Le « show vs tell »
Derrière cette petite phrase anglaise se cache en réalité un concept que tout écrivain se doit de connaître. Le « show vs tell » ou, littéralement, « montrer vs dire » est un principe phare de l’écriture. Et pour cause, il consiste à montrer… plutôt qu’à dire. Logique, oui. En pratique, cela s’applique par montrer (une émotion, une action, une conséquence) plutôt qu’à la décrire.
Exemples :
L’agent Smith était en colère.
Resté silencieux, l’agent Smith frappa soudain du poing sur la table.
Le « show vs tell » peut également s’appliquer à un dialogue :
« Je suis désolée. »
« Je ne pensais pas ce que j’ai dit, murmura-t-elle l’air penaud. »
5. Jouer sur les sens
Comment évoquer les émotions dans un écrit sans aborder le vaste sujet des sens ? Et quoi de mieux que les cinq principaux pour convaincre votre lecteur des émotions de vos personnages ou de votre texte ? À la façon de Proust et de sa madeleine, jouez sur les sens pour transmettre des émotions. De cette façon, votre lecteur n’aura aucun doute quant au ressenti que les mots réveillent. De plus, cette méthode permet d’améliorer son écriture en s’essayant à de nouveaux exercices très enrichissants.
Exemple :
Ils arrivèrent à la station-service. Ce lieu lui rappelait toujours les départs en vacances lorsqu’il était jeune enfant.
L’odeur chimique de l’essence lui rappela les départs en vacances de sa jeunesse.
Écrire les émotions… en quelques mots
Si l’écriture est une maîtresse aussi cruelle que généreuse, certains de ses aspects sont plus que difficiles à cerner. Intégrer des émotions dans son écrit en fait partie. Pourtant, avec les bonnes clés en main, tout est possible ! Transmettre des émotions à votre lecteur est à portée de mots – et de ponctuation !
Évidemment, je ne présente ici que quelques pistes de réflexion pour apporter de l’émotion à son écrit. Chaque écrivain a son propre style et chérit donc ses propres méthodes pour transmettre les émotions.
Et vous, quelles sont vos recettes magiques pour transmettre des émotions à l’écrit ?
Et s’il vous faut de l’aide dans la rédaction, la réécriture ou la correction de vos écrits, n’hésitez pas à me contacter. Écrivain public, ma plume se met à votre service pour tout projet !

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