Le fond doit-il supplanter la forme ?

Il est un débat qui prend forme au sein des communautés qui écrivent. Si la forme permet d’attirer le lecteur, est-ce le fond qui le tient en haleine face aux mots ? Ou bien la forme est-elle devenue désuète, à tel point qu’on la place au second plan voire dans le fond de la scène… ? Si certains valeureux esprit affirment que la forme n’est plus à l’ordre du jour et que seul le fond importe, d’autres défendent encore l’idée que l’un ne va pas sans l’autre. Alors le fond d’un écrit doit-il supplanter sa forme ?

Le fond et la forme

Lorsque l’on écrit, il y a deux choses à prendre en compte : d’une part, le message que l’on transmet ; d’autre part, la façon dont on le délivre. Cette polarité est également connue sous le nom de forme et de fond.

Ce que l’on nomme affectueusement le fond et la forme peut être défini comme étant deux outils de communication. Et pour cause, l’écriture est elle-même un élément important pour pouvoir partager avec d’autres personnes. Que ce soit au travers d’un roman savamment travaillé ou d’un post sur les réseaux longuement étudié, le fond et la forme que vous donnez à vos mots semble importants.

Le fond, lui, peut être résumé par le sens d’un écrit. C’est ce que dit le texte, ce qu’il transmet, le contenu qu’il aborde ou encore ce qu’il signifie.

Le forme, quant à elle, se désigne par les procédés d’écriture utilisés afin que le fond puisse être efficace.

Autrement dit, la forme vient compléter le fond. Le fond est le soleil, la forme sont les rayons ; et sans rayons, le soleil est souvent moins apprécié, ressenti, perçu… etc.

Travailler la forme de l’écrit…

La forme pourrait donc s’apparenter au monde du visible tandis que le fond relève de l’invisible. Et pour cause, à travers divers procédés d’écriture, la forme se repère somme toute assez évidemment.

La forme d’un écrit réside dans ce que l’œil capture, soit une ligne, une virgule, un mot… etc. C’est dans sa forme qu’un écrit peut persuader, influencer et sensibiliser un lecteur. La forme d’un écrit est en réalité un reflet du fond, une traduction légère pour l’œil de ce que le cerveau assimile à la lecture.

Depuis des siècles, l’on voit la forme des écrits se modifier. Selon la ponctuation, l’orthographe, la syntaxe ou même la grammaire de certains textes, il est possible de dater le texte et d’y apposer un contexte. La forme possédait donc une valeur temporelle ; elle était l’illustration d’une époque. De nos jours, cette valeur tend à disparaître : chaque post est daté et les règles de français sont souvent laissées de côté au profit de l’efficacité du message, de son aspect percutant et de la rapidité à laquelle il sera validé ou réfuté par son lecteur.

… Pour refléter le fond de l’écrit

Le fond d’un écrit, s’il peut être exprimé comme étant le sens qu’il possède ou l’opinion qu’il défend, est en réalité un concept bien plus fastidieux à définir. Le fond est une notion totalement abstraite comparé à la forme d’un écrit. Et pour cause, le fond relève d’éléments qu’il est impossible de voir, de saisir dans la dimension du concret.

Le fond d’un écrit fait appel à des éléments abstraits, appartient à l’ordre du conceptuel, de l’immatériel, de l’invisible idéal. Il incarne une notion qui s’oppose de par sa nature même à la forme de l’écrit. Le fond de l’écrit est paradoxalement compréhensible par l’esprit, mais impossible à saisir.

Les idées se sont succédées au fil des siècles, et je vous défie de nommer un seul écrit dont la forme aurait entravé le fond du propos contre la volonté de son auteur.e.

Le fond et la forme : une paire indissociable ?

Si au détour de quelques débats actuels, les importances respectives du fond et de la forme sont remises en cause par de courageux esprits, il est plutôt évident que dans la majorité des écrits, ils sont indissociables.

Et pour cause, la forme isolée du fond qu’elle enveloppe, ne saurait être d’un plus grand intérêt qu’une coquille vide.

De la même façon, le fond isolé de la forme qui l’orne, se retrouverait probablement égaré et laissé de côté par beaucoup.

En réalité, le fond et la forme sont des concepts indissociables. Ils se complètent, s’accompagnent et ils demeurent encore la meilleure façon de viser juste dans le message qui est partagé.

Équilibrer le fond et la forme

Si de nombreuses personnes s’attardent à dire que la forme n’est que secondaire, annexe, un infime détail par rapport au fond, c’est car elle est souvent laissée de côté. Or, une forme travaillée embellit toujours le fond d’un écrit.

La forme s’adapte au fond. À nouveau, elle en est un reflet se traduisant par des éléments concrets. Une forme adaptée au fond livrera à l’écrit un impact plus intense, une compréhension plus logique pour le lecteur ou encore laissera une résonnance particulière chez lui.

Il ne faut donc négliger ni le fond d’un écrit, ni sa forme !

Toutefois, et pour nuancer un peu mon propos, il existe évidemment des partis pris.

Certains poètes ont notamment choisi de ne pas utiliser de ponctuation dans leurs vers (Apollinaire, Le Pont Mirabeau).

Certains auteurs bafouent volontairement la forme pour mettre en valeur le fond.

D’autres préfèrent travailler la forme à outrance… et le risque est de perdre de vue le fond.

Tous ces exemples sont des degrés divers d’équilibre qui permettent de se rendre compte des indénombrables possibilités dans l’équilibre du fond et de la forme. Mais qui dit équilibre… dit présence des deux concepts.

L’exception

Il existe, comme pour toute règle, une exception à celle-ci. Certes, il est possible, envisageable et autorisé d’équilibrer le fond et la forme selon sa volonté et la portée que l’on veut donner au message. Mais il y a au moins un domaine dans lequel le fond et la forme se doivent d’être parfaitement équilibrés.

Les courriers administratifs ou juridiques nécessitent en effet une forme aussi étayée que le fond. Et pour cause, ce sont des documents écrits qui servent de preuve, et pour lesquels les erreurs de forme ne sont pas vues d’un bon œil.

D’où l’importance de bien relire et corriger ses écrits !

En quelques mots

Le fond et la forme sont deux notions qu’il est préférable de ne pas dissocier. Elles vont de pair, s’accompagnent et se complètent. Chaque écrivain possède son propre style et, pour x ou y raisons, peut être amené à se séparer quelque peu de l’un au profit de l’autre.

Et comme avec les mots, tout est question d’équilibre.

Toutefois, il est important de se rappeler qu’une forme travaillée embellira toujours le fond de votre écrit ; et qu’un fond limpide et compréhensible sera toujours plus apprécié avec une forme qui lui fait discrètement écho. De la même façon, vous n’avez pas besoin d’être un as de la langue française pour que votre écrit ait de l’impact ; en tant qu’écrivain public, vous pouvez faire appel à mes services !

Selon vous, le fond supplante-t-il la forme ?

Ou l’égale-t-il ?


Commentaires

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Atramentopia

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture