La peur d’écrire

L’écriture a le vent en poupe. Ses bienfaits pour l’esprit ou l’aide qu’elle représente pour vaincre le stress et l’anxiété ne sont plus à prouver. Elle libère la créativité, améliore la mémoire… Et si elle demande un investissement intense parfois, l’on oublie de dire qu’il est possible de craindre d’écrire. Parce que se mettre face à une feuille ou une page virtuelle demande plus que d’avoir un stylo plein d’encre.

L’écriture implique de creuser au fond de soi pour en faire sortir le pire, le meilleur, ou un subtil mélange des deux. Et pour certaines personnes, la peur d’écrire est un véritable fardeau. Mais que se cache-t-il réellement derrière la peur d’écrire ?  

Graphophobie : plus qu’une peur d’écrire

La graphophobie est définie par une crainte irraisonnée et incontrôlable d’écrire. Véritable pathologie, elle possède, au même titre que d’autres pathologies, des symptômes et des effets sur le corps et l’esprit.

Ce trouble psychologique peut notamment freiner le parcours scolaire, professionnel et social de la personne qui en souffre. Les professionnels de santé évoquent deux types de graphophobie différents.

La première se manifeste en présence d’une tierce personne. La peur d’être jugé ou vu en train d’écrire domine tout. Cette forme de graphophobie se rapproche de l’anxiété sociale.

La seconde forme de graphophobie – qui peut s’accoupler à la première – est une peur reposant sur l’écriture, peu importe le contexte. La personne prend peur dès lors qu’elle doit rédiger un mot.

Il est à noter que la graphophobie peut toucher aussi bien l’enfant, l’adolescent qu’un adulte.

Les différentes peurs d’écrire

La peur d’écrire peut avoir différentes sources. Le plus souvent, les psychologues traitant les patients atteints de graphophobie s’accordent à dire qu’une autre phobie y est liée. Pour certaines personnes, la peur d’écrire réside en des pensées limitantes et des barrières mentales soigneusement érigées par elles-même.

Dans tous les cas, il est pertinent de se pencher vers les causes directes de cette peur d’écrire.

  • La quête de perfection

Des écrivains qui ont eu les mots justes, il y en a légion. Un écrivain perfectionniste risque de contracter une peur d’écrire à cause de sa recherche de la perfection. Le plus souvent, le perfectionnisme ternit la sincérité. Et comme le dit si bien l’adage, « le mieux est l’ennemi du bien ».

  • La peur du jugement

Oh, comme ils sont nombreux, ces écrits qui restent cachés ! Perdus dans l’ombre d’une crainte, c’est à peine si leurs auteurs parviennent à relire leurs propres mots. La peur du jugement est tenace, lancinante et il est bien difficile de s’en défaire une fois qu’elle pose ses valises dans notre esprit.

  • Insécurité

Écrire impose de trouver un certain courage au fond de ses tripes. Dans le chaos de la vie, embrasser la force de poser des mots sur ses maux ou tout simplement sur ses pensées peut-être une réelle épreuve. L’insécurité peut surgir à chaque coin de lettre, et faire passer votre plus belle catharsis pour un ramassis de bêtises. Pourtant, il n’en est rien.

  • Peur de l’échec

Dans la continuité de l’insécurité, la peur de l’échec peut également représenter un frein à l’écriture. Avec une tendance à se sous-estimer, mais aussi dénigrer son travail, ses efforts, ses ambitions parfois, la peur de l’échec incarne le petit diable rouge sur votre épaule. Il chuchote un échec imminent et vous conduit à abandonner rapidement.

  • Peur du rejet

Autre peur bien ancrée chez toute personne qui écrit : la peur du rejet. Chaque artiste transpose un peu de lui-même dans son œuvre. Autrement dit, au-delà de la peur terrifiante de voir son travail être rejeté, il y a également une peur irrationnelle d’être soi-même rejeté. Cette peur nécessite du temps pour être surmontée, mais un jour, vous la regardez fièrement dans le rétroviseur, car elle restera derrière vous.

  • Peur de ne pas « bien » écrire

Enfin, une dernière peur que je voulais évoquer ici, celle de ne pas « bien écrire ». Pour autant qu’on sache, personne n’écrit bien. Il y a des préférences, évidemment, des auteurs « phares », des œuvres qui entrent dans nos musées personnels tant elles nous ont bouleversées… mais qui peut prétendre bien écrire ? Écrire n’est-il pas un jeu artistique comme un autre ?

L’écriture : problème ou solution ?

Quelle que soit la peur qui vous enlace dès lors que vous souhaitez écrire, ne l’écoutez pas. Plus facile à dire qu’à faire, j’en conviens aisément. Mais je crains que le seul moyen d’affronter une peur… soit encore de la confronter.

Vous prouver que vous en êtes capable.

Et bien plus encore.

Si vous avez besoin d’aide, vous pouvez participer à des ateliers d’écriture, faire appel aux services d’un écrivain public ou bien rester dans le coin : je proposerai bientôt un accompagnement sur mesure pour l’écriture.

Et vous, quelles peurs vous habitent ?


Commentaires

2 réponses à « La peur d’écrire »

  1. Il me semble aussi qu’il y a un frein à l’écriture dans l’orthographe très négligée depuis trop longtemps. Au delà ce que vous mentionnez est très juste. Enfin ce qui est souvent un autre frein, du moins pour écrire aux fins de publier, c’est d’avoir quelque chose à dire… Ce n’est évidemment pas le cas pour écrire… à son amour… !

    1. Effectivement, vous avez pleinement raison ! Merci beaucoup d’apporter des nuances aussi pertinentes. Avoir un message à transmettre, et le faire via un livre peut être un travail herculéen.

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