Avez-vous déjà ressenti cet étau invisible se resserrer autour de votre gorge ? Ce frisson glacé s’établir sur votre épiderme alors qu’une seule pensée tournait dans votre esprit : que vont en penser les autres ?
La peur du jugement peut être très présente lorsqu’on se lance dans des projets qui nous tiennent à cœur. Et (malheureusement), l’écriture ne fait pas exception aux domaines concernés par cette peur. De manière générale, la peur d’être jugé.e peut s’appliquer partout : du port de nouvelles chaussures à une conférence que vous devez animer dans cinq minutes.
Après avoir décortiqué la quête de perfection afin de la surmonter, cette semaine, c’est au tour de la peur du jugement. Parce que la peur d’écrire n’épargne personne… Alors comment s’en débarrasser afin de libérer son esprit – et sa plume ?
Round 1 : (re)connaître ses adversaires
Comment se matérialise cette peur du jugement ? À l’instar de nombreuses peurs, elle ne vient pas seule. Elle fait suite à une mauvaise expérience, un traumatisme, des insécurités…
Et lorsque vous montez sur le ring de la vie, la peur du jugement des autres ancrée dans vos tripes, ce n’est pas UN adversaire que vous aurez en face de vous.
Mais plusieurs.
Car derrière la peur d’être jugé.e se cachent en réalité :
- Un manque de confiance en soi (très féroce) ;
- Une peur d’être ridicule (qui joue des muscles) ;
- La peur de l’échec (qui se frotte les mains d’une victoire qu’il pense acquise) ;
- Une peur du rejet (patientant calmement dans un coin du ring) ;
- Une envie irrationnelle de plaire (qui vous ressemble étrangement).
Ainsi, cette peur peut prendre plusieurs formes, mais s’il y a une chose que l’on ne peut jamais reprocher à la peur : c’est qu’elle est loyale malgré tout. Cependant, cela ne la rend pas invincible.
Round 2 : défier la peur
Si la peur d’être jugé.e dans son écriture se tient bien en face de vous, la défense préparée, les gants devant son visage et la rage aux yeux, c’est une bonne chose. Une peur qui bouillonne est une peur qu’il est possible de vaincre.
Ici, peu importe le nombre d’adversaires auxquels vous devez faire face. Les différentes causes de la peur d’être jugé.e ne sont utiles que pour voir vos faiblesses : vous savez désormais comment enclencher le combat et où frapper cette fichue crainte du regard des autres !
Uppercut, droite, vous parvenez à passer à travers tous les obstacles que la peur semble vous imposer. Vous tenez le cap, concentré sur ce combat dont la finalité sera décisive pour votre écriture. Parce que c’est de cela qu’il s’agit : parvenir à écrire sans songer à ce que les autres penseront.
Et vous savez quoi ?
Durant ce combat contre la peur du jugement d’autrui, c’est à vous que vous pensez.
… Pas au public. 🙂
Round 3 : poursuivre l’entraînement
Un bon entraînement ne se termine jamais. Car pour pouvoir progresser, il est essentiel de revoir les bases tout en élargissant son champ de connaissances, de technique et de compétences. Poursuivre l’entraînement, ici, c’est écrire. Phrase bateau ? Peut-être. Mais c’est un bateau qui ne finira pas comme le Titanic.
Et pour cause, plus vous vous entraînez, et plus votre technique se développe. Vos points bougent plus vite, vos réflexes sont démultipliés et votre confiance en votre plume s’affirme également.
S’entraîner à écrire n’est pas une honte : au contraire, cela ne peut qu’être bénéfique ! Aucun premier jet n’est extraordinaire, tout comme aucun combattant ne peut remporter un match sans avoir été entraîné auparavant. Grâce à une pratique régulière, en revanche, l’extraordinaire est à portée de mots… !
Round 4 : trouver ses forces
Il existe différents moyens de se détacher de la peur que votre écriture soit jugée :
Écrire souvent :
Écrivez si souvent que vos évolutions seront exponentielles et régulières. À force de travail, vous prendrez confiance en votre écriture, en les histoires que vous partagez, les messages que vous transmettez… etc. Par extension, cette confiance s’établira également en vous, rendant la férocité d’un manque de confiance en soi bien ridicule.
Être empathique :
Non pas envers l’adversaire et donc la peur du jugement, mais bel et bien envers vous-mêmes de manière générale. Si ces peurs existent, si elles sont présentes et se ressentent, c’est pour certaines raisons. Sans renier votre passé, il est important de ne pas le laisser devenir un obstacle à travers ces peurs. Faire preuve d’empathie envers soi, c’est se comprendre et dire « je me pardonne. Maintenant, j’avance. »
Accepter la défaite :
Contrairement à ce que beaucoup pensent, accepter la défaite ne veut pas dire renoncer. Au contraire, la défaite fait partie du processus. Une défaite n’est pas un échec ; c’est en dissociant les deux termes que vous ôtez à la peur de l’échec cette pensée de la victoire acquise. Et vous pouvez alors écrire comme si rien ne vous retenait !
Rationnaliser la peur :
Non, le monde ne tourne pas autour de soi ! Dans la vie comme sur un ring, les gens ne regardent jamais une seule et unique personne pour tenter un état des lieux critique. Paradoxalement, cette peur du regard des autres est une peur très égocentrée… Prenez une grande inspiration, et continuez de rédiger !
Vivre pour soi :
Des personnes qui jugent, il y en a eu, il y en a et il y en aura. Tout le monde juge au moins une fois. Et vous savez quoi ? Ce n’est pas grave ! Le seul jugement qui compte, c’est celui auquel vous donnez de l’importance. Et aux dernières nouvelles, il serait bien malvenu de bâillonner tout le monde… donc autant faire avec et poursuivre sur sa voie. Écrire ce que vous voulez, parce que vous le voulez.
Round 5 : mettre KO la peur du jugement
Comme tout boxeur, vous avez conscience qu’il est impossible de remporter tous ses matchs. Toutefois, il est possible de ne jamais abandonner si vous le voulez assez fort. Faire fi du regard des autres et affronter les peurs qui nous terrassent, c’est le courage du cœur. La flamme de la passion, de la volonté et de la force.
C’est votre vie, vos envies, vos projets, vos échecs, vos réussites, vos pensées, vos espoirs. Vous seuls en êtes responsables, pour le meilleur et pour le pire.
« Tant que tu ne commenceras pas à croire en toi, tu n’auras pas de vie. »
Rocky
Alors on prend sa plume, et on oublie tout le reste !

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