La langue française est une langue riche et complexe. On y retrouve notamment un « vous » de politesse que toutes les langues ne présentent pas. En allemand, ce vous est incarné par le pronom « Sie » qui permet de marquer le vouvoiement lorsqu’on s’adresse à quelqu’un. De nos jours, toutefois, le tutoiement semble s’installer de plus en plus aisément au sein des dialogues. Alors mieux vaut-il tutoyer ou vouvoyer ? Comment savoir qui vouvoyer ? Quelles sont les qualités du tutoiement ?
L’utilisation du tutoiement
Le tutoiement se présente sous la forme du pronom « tu », et est considéré comme un moyen informel de s’adresser à autrui. Il est souvent le signe d’une certaine familiarité entre deux individus et témoigne de la proximité de ceux-ci. Depuis le XVIIIe siècle, par exemple, il est de coutume de tutoyer les membres de sa famille.
Dans la langue française, le tutoiement est utilisé :
- Au sein de la famille ;
- Avec les amis ;
- A l’égard des collègues avec qui l’on s’entend bien ;
- Lorsqu’on vous le propose.
Le vouvoiement : usage et histoire
Le vouvoiement, quant à lui, est davantage utilisé dans les liens sociaux tels que le milieu professionnel, ou lorsqu’on s’adresse à des personnes que l’on ne connaît pas. A contrario du tutoiement, il permet d’établir ou de conserver une distance avec son interlocuteur/ interlocutrice.
Cependant, l’existence du pronom vous et son utilisation remontent à l’Antiquité, dans laquelle il était établi qu’il incarnait une marque de respect. C’est d’ailleurs le cas jusqu’au XVIIIe siècle, puisqu’il était alors commun de vouvoyer sa famille et ses amis.
Plus qu’une marque de respect ou un signe de politesse, il était le symbole « d’une hiérarchie, de verticalité » et n’impliquait par ailleurs « aucune réciprocité » (source : Étienne Kern, Le Vous et le Tu ; l’art français de compliquer les choses). Ainsi, sur l’échelle sociale de cette époque, il était courant que le peuple vouvoie les bourgeois sans que la réciproque ne s’applique, tout comme c’était le cas entre les bourgeois et les aristocrates.
De nos jours, le « vous » est employé :
- Auprès d’un supérieur hiérarchique ;
- Avec les personnes que l’on ne connaît pas ;
- Envers les personnes plus âgées ;
- Les personnes que l’on rencontre pour la première fois.
L’évolution du tutoiement
Depuis plusieurs années, vous avez peut-être observé que le tutoiement s’est instauré dans de nombreux contextes. Certains cadres professionnels, notamment basés sur le model de start-up, font notamment usage du tutoiement afin de créer un climat de confiance avec les collaborateurs et employés.
On accorde volontiers cette évolution à la langue anglaise qui, en plus des anglicismes, donne un modèle d’échange plus « familier ». Et pour cause, en anglais, pas de « vous » de politesse ; seulement trois lettres qui sont adressées aussi bien à son patron qu’à sa sœur : you.
Ainsi, le tutoiement est plus présent que jamais et s’instaure désormais avec facilité. Toutefois, il est à noter qu’il n’est en aucun cas la marque d’un irrespect ou d’une insulte. Au sein des jeunes générations, le tutoiement s’instaure de façon naturelle et ce, jusqu’à environ 25-30 ans.
Le vouvoiement et le tutoiement : comment savoir ?
La plus grande question à ce sujet demeure de savoir à quel moment employer l’un ou l’autre. À mesure que le temps passe, les limites du vouvoiement et du tutoiement semblent se brouiller au profit d’un tutoiement général et de plus en plus courant.
Et comme dans de nombreux cas, le meilleur moyen est encore de demander !
Lorsque vous rencontrez une nouvelle personne, vous pouvez demander si elle est d’accord pour que vous vous tutoyiez. De la même façon, vous pouvez également employer la forme avec laquelle vous vous sentez la plus à l’aise.
Pour ma part, j’aime les nuances du vouvoiement et les conjugaisons à la deuxième personne du pluriel. Je fais ainsi un usage naturel du vouvoiement, y compris envers les personnes de mon âge. Excepté sur demande de leur part, j’use du vouvoiement par plaisir et confort.
Et vous, préférez-vous la proximité que le tutoiement permet, ou les nuances du vouvoiement ?

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