Lorsque j’ai commencé à travailler auprès des auteur-ices, je m’attendais à rencontrer des difficultés différentes chez eux et au sein de leurs histoire.
Après tout, chaque manuscrit raconte une histoire singulière et plus ou moins intime. Les auteur-ices viennent d’horizons variés, écrivent dans des genres différents, ont des ambitions issues de leur for intérieur et portent des sensibilités qui leur sont propres ; au point d’être convaincue que chaque difficulté serait aussi singulière que les manuscrits eux-mêmes.
Pourtant, au fil des années, un constat s’est imposé avec une étonnante récurrence. Les difficultés changent de visage, mais leurs racines mènent toutes au même endroit : vous, auteur-ices.
Entre mon activité d’écrivain public et les accompagnements que je mène depuis plus de sept ans auprès des auteur-ices (bêta-lecture et accompagnement narratologique), j’ai eu l’occasion d’observer des centaines d’heures de réflexion, de doute, de réécriture, de questionnements et de remises en perspective autour des textes de mes clients.
Chaque manuscrit est unique ; chaque parcours l’est aussi ; mais les préoccupations des auteur-ices, elles, se rejoignent inéluctablement.
Le doute ou la pierre angulaire de chaque étape du parcours d’écriture
La première observation que j’ai faite, c’est la présence inévitable du doute. Je ne crache pas dessus, c’est une des raisons pour lesquelles on fait appel à moi ! Néanmoins, j’ai été étonnée de voir qu’il accompagnait mes clients quelle que soit l’étape d’écriture à laquelle ils se trouvaient.
Le doute se réfugie dans la construction de l’intrigue, s’invite dans les choix narratifs, fait trembler les mots et a l’audace d’aller jusqu’à interroger la légitimité même d’écrire.
Puis le premier jet s’achève.
On peut imaginer que ce premier accomplissement apporterait avec lui une certaine confiance, faisant ainsi disparaître quelques hésitations. Mais que nenni. Une nouvelle phase débute et ce n’est pas une sinécure : la réécriture. À son tour, elle va soulever bien des interrogations chez les auteur-ices qui viennent me voir pour un accompagnement.
- Le texte tient-il réellement la route ?
- Les personnages sont-ils suffisamment incarnés ?
- L’émotion est-elle transmise ?
- L’histoire mérite-t-elle d’être poursuivie ?
Une fois ce tunnel éprouvant et fastidieux traversé, vient l’étape des soumissions, avec son lot de projections, d’attentes et de vulnérabilités.
À travers les années, j’ai observé une réalité presque universelle : le doute fait entièrement partie du parcours d’écriture. ET bien souvent, il ne constitue pas la cause des difficultés que vous rencontrez dans votre parcours d’écriture.
La véritable difficulté apparaît lorsque l’auteur-ice se retrouve seul-e face à ses interrogations, sans méthode claire pour explorer ses hésitations ni outils pour prendre des décisions sereines.
Le doute est une composante inévitable de l’écriture ; mais encore faut-il pouvoir dialoguer avec lui pour avancer sereinement.
L’origine des blocages d’écriture est à mille lieues du texte
De nombreux auteur-ices pensent rencontrer un problème d’écriture alors que la situation est bien plus complexe. Chaque blocage d’écriture révèle une cause plus profonde que ce que l’on peut penser.
Une intrigue qui semble s’effondrer est parfois le signe d’une difficulté à prendre du recul sur le manuscrit.
Une réécriture interminable peut traduire un perfectionnisme devenu envahissant.
Une scène que l’on retravaille sans cesse masque une hésitation plus profonde concernant l’intention du récit.
Au fil de mes accompagnements, j’ai constaté que les difficultés techniques et les difficultés personnelles entretiennent des liens constants. Or, cette corrélation est bien souvent méconnue des auteur-ices, et ne peut donc pas être prise en compte dans le travail d’écriture et les différentes étapes qui nécessitent une grande implication.
Car si l’écriture mobilise des compétences évidemment narratives, elle repose aussi sur la confiance, la prise de décision, la capacité de faire des choix et la manière dont chacun entretient le lien avec sa propre création.
C’est notamment ce qui rend les accompagnements d’auteur-ices aussi passionnants ! Le manuscrit est un sujet de travail, mais vous en êtes un aussi.
La narratologie transforme ma manière de lire les manuscrits
Parmi tous les outils que j’ai rencontrés au fil de mon parcours, la narratologie occupe une place précieuse et toute particulière. Même si je n’aime pas cette notion de spécialité ou d’expertise, je dois avouer en avoir fait une obsession inlassable et mon terrain de jeu préféré.
La narratologie étudie les mécanismes du récit et s’intéresse aux structures narratives, à la gestion de l’information, au rythme, à la tension, à la réception émotionnelle ou encore à la construction des personnages (pour résumer grossièrement).
Cependant, derrière ces notions un peu techniques, il se cache une question très simple : comment un texte produit-il des effets lors de sa lecture ?
La découverte de cette approche a marqué un tournant dans mon approche des manuscrits. Elle me permet d’observer avec beaucoup plus de précision les ressorts et les rouages qui soutiennent vos récits, et d’identifier les zones qui méritent d’être consolidées ou approfondies. Et surtout, elle offre un langage commun pour comprendre tous les mouvements, les reliefs et les textures que renferme un manuscrit au-delà de l’effet qu’il produit.
Et je peux vous assurer que plonger entre les mots est une activité à chaque fois magique !
Le croisement que j’ai décidé de construire
Avec le temps, une autre évidence s’est imposée : la corrélation entre l’œuvre et son auteur-ice. Ce lien ombilical qui se créé quand on verse de soi sur le papier. L’auteur-ice accouche des mots et les élève ensuite mais on oublie souvent que les mots en disent long sur celui ou celle qui leur a donné vie.
Ainsi, les mécanismes narratifs me racontent des choses sur les auteur-ices, sur leur parcours d’écriture et les difficultés rencontrées. Je sais par exemple que certaines réécriture s’enlisent parce que l’auteur-ice ne veut couper aucune scène (=attachement émotionnel à son œuvre) ; que certains manuscrits paraissent lointains parce que l’auteur-ice est pudique ou sur la retenue (=manque d’implication du lectorat car émotions effacées du récit) ; d’autres récits, a contrario, sont intenses et épuisants parce que les émotions y sont intenses et épuisantes (= catharsis de l’auteur-ice et manque d’équilibre).
Le dialogue est permanent entre le manuscrit et son auteur-e.
Or, si la narratologie me permet d’observer le fonctionnement du récit, l’aspect psychologique de l’écriture m’offre la capacité de comprendre ce qui se joue dans la relation entretenue AVEC le récit.
C’est dans cet espace que se situent aujourd’hui mes accompagnements LUXEN et SIGNARA.
Et j’adore ce que je fais, car je peux être témoin des auteur-ices qui retrouvent de l’élan après des mois d’arrêt, qui reprennent confiance dans leurs choix narratifs, qui terminent des manuscrits laissés en suspens ou encore franchissent des étapes qu’ils repoussaient depuis longtemps !
Et finalement, ce sont bien vos mots les plus importants :
« Tu as su poser des mots sur des maux, et sur des prises de conscience, même, je dirais. Je crois que ce travail avec toi a été ma plus belle et grande thérapie. »
« Notre collaboration a marqué un vrai grand tournant dans ma vie. C’est fou et j’ai beaucoup de reconnaissance ! »
« Tu les as aidés à s’élever [les manuscrits], merci encore à toi, ce sont des collaborations que je chéris grandement ! »
Votre confiance m’honorera toujours la première.
Une nouvelle étape pour Atra
Toutes ces années passées auprès des auteur-ices m’ont conduite vers une réflexion simple et unique. L’accompagnement individuel est un lieu que j’adore et que je continuerai de proposer aux auteur-ices qui veulent un avis et une aide approfondie et narratologique sur leurs manuscrits.
Mais c’est aussi des projets qui demandent beaucoup de temps (entre 4 et 5 semaines par manuscrit), un investissement financier (chaque accompagnement a un coût qui n’est pas accessible à tout le monde malgré le paiement échelonné) et une disponibilité (suivi WhatsApp)à que je tiens à préserver pour garantir la qualité de chaque collaboration.
Or, j’ai conscience que les besoins demeurent nombreux et les moyens de chacun-e, limités. Les questions reviennent, les blocages s’amplifient,les doutes aussi… Alors j’ai cherché une manière de transmettre une partie des outils que j’utilise en accompagnement à davantage d’auteur-ices. C’est de cette réflexion que sont nés les fascicules Atra.
Le premier, « Maîtriser votre réécriture », propose des outils narratifs, des pistes de réflexion et des exercices destinés à accompagner les auteur-ices dans la réécriture avec confiance et une méthode claire et applicable.
Le second, « Rendre votre manuscrit désirable », se concentre sur la constitution du dossier éditorial et les soumissions en maison d’édition afin de rendre cette étape plus accessible et sereine.
Ces fascicules marquent une nouvelle étape pour Atra.
Ils me permettent de transmettre une partie des outils, des réflexions et des approches développés au fil des années auprès des auteur-ices.
Mon ambition reste la même qu’au premier jour : voir davantage d’histoires être écrites, terminées et portées jusqu’aux lecteur-ices qu’elles méritent de rencontrer.
Et ce n’est que le début de l’aventure !

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