Lorsque la brise s’est levée ce matin, les rideaux ont ondulé sous son souffle froid. Il existe une pièce isolée dans laquelle trône un bureau fait de vieux bois et de secrets enfermés dans des tiroirs anciens. Mais personne ne peut le voir, pas même vous, car il est recouvert d’un précieux, épais, large et immense drap blanc.
Le tissu se gonfle sous l’expiration du vent, soulevant un peu de poussière à chaque arythmie. Ces grains témoignent tous du temps qui s’amuse. Mais le temps fait bien plus que cela, nous le savons vous et moi. Le silence est omniprésent, à la fois confident des aveux que la pièce retient et annonciateur de l’avenir inévitable qui guette à l’horizon.
Les coins du drap tanguent de ce qu’on devine être les pieds du bureau. Et il se déploie sur sa surface dissimulée, le gouverne de ce qu’il dissimule, attise notre curiosité sans rien avouer pourtant.
Vous vous résignez.
Vous espérez.
Vous soufflez.
Tout bascule. Se dévoile alors l’impensable. Comment ? Sous ce drap aussi lourd que du plomb, tout change. La fenêtre se clôt dans un bruit sec. Les murs s’allongent, le sol se brise, la poussière vole.
La pièce incarne une familière arène.
Aucun jugement ou regard désapprobateur, nous sommes entre fractures. On fait toujours comme on peut, car la survie n’admet aucun mode d’emploi. Ce qu’on pense être un bureau se dresse alors comme l’autel de chaque for intérieur ; il est l’heure de se faire face. Sous le drap, il n’y a pas que le bois, mais des pages prêtes à avaler les mots qui n’ont jamais été écrits.
Aujourd’hui, vous vous rencontrez. À travers les cicatrices, les mots tus, les tremblements du cœur. Tout ce qui a été banni, ignoré, étouffé ou torturé en vous se déploie. C’est à ce moment précis qu’il faut être prêt à dépoussiérer ce drap de plomb, à ignorer son inflexibilité, à briser toutes les serrures, à allumer des astres pour se réchauffer et à les entretenir le temps du voyage… car certains partent toute une vie pour se connaître.
Sur ce bureau qu’on croyait mort, sur ce miroir magistral… un carnet attend qu’une main audacieuse le saisisse. Alors vous scrutez ce qui a toujours été en vous. Toutes les émotions assassinées. Celles que vous avez voulu sacrifier, rebâtir ou omettre.
Vous n’êtes pas seul.es face à ce miroir ; l’Atramicordis vous accompagne.
Plus qu’un guide, ses pages chuchotent les vérités que vous vous devez.
Lorsque la brise s’est levée ce matin, l’encre a touché le papier et le monde s’est incliné.
Qu’attendez-vous pour faire couler la vôtre ?

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